* Département de Géographie, Université François-Rabelais, Tours et Laboratoire CNRS Associé 365 "URBAMA" (Urbanisation du Monde Arabe), 23, rue de la Loire, 37023 Tours Cédex (France).

[1] Appelés "Chokolaré", de l'italien "circolare"= note circulaire.

[2] La division de la ville en deux entités confessionnellement distinctes est une invention des média, libanais et étrangers. Ce géographisme repose sur une interprétation simpliste d'une réalité géographique autrement plus complexe. Il a cependant eu un succès certain au point où "Beyrouth-Est" est devenu synonyme non seulement de la partie orientale de la ville, mais également de tout le territoire, beyrouthin ou non, contrôlé par les milices des Forces Libanaises, et par extension ("l'Est politique") la position idéologique de celle-ci. "Beyrouth-Ouest" ou "l'Ouest politique" regroupe les notions sous-entendues de territoire, de formations miliciennes et d'idéologie de "gauche", ou musulmanes. A Beyrouth même, la ligne de séparation des deux entités est le front militaire, qui serpente au coeur de la ville, suivant un tracé imposé par les hasards de la guerre.

[3] Chef politique, leader, homme charismatique.

[4] Durant les différentes phases de guerre urbaine, les faire-parts étaient presque toujours ceux de miliciens ou de militaires; pourtant de nombreux civils ont également péri, sans que leur disparition soit signalée.

5 Superficie du Liban, référence à un discours de Bachir Gémayyel qui préconisait la libération de tout le Liban, de chaque kilomètre carré)

[6] Date du début du génocide des Arméniens, en 1917, par les autorités turques. Cette date apparaît sur tous les murs, à cette date, sous la forme de graffitis et d'affiches, mais exclusivement dans les quartiers à dominante arménienne.

[7] Parti fondé par l'Imam Chi`ite Moussa al-Sadr, qui "disparut" en Libye en 1981; il a été dirigé depuis cette date par Nabih Berri. "Amal" signifie "espoir".

[8] Il est curieux de noter que presque tous les monuments, statues ou bustes de la période d'avant 1975 ont été détruits ou volés durant la guerre. Quant à ceux érigés durant la guerre, ils n'ont survécu que si le territoire de leur installation n'a pas changé de maître: sinon, ils étaient les premiers symboles du pouvoir précédent à être détruits.

[9] Texte que le nombre grandissant d'analphabètes ne pouvait déchiffrer...

[10] La symbolique était claire: seule la milice est en mesure d'assurer la netteté, la propreté et un espace visuel contrôlé dans une ville qui serait vouée, sans elle, à l'anarchie totale n'était-ce ces îlots d'ordre.

[11] Ces immeubles, les "tours" de Beyrouth, étaient utilisés par tous les combattants, militaires comme miliciens, comme points d'observation et de direction des tirs, leurs sous-sols servant de dépôts de munitions. La "Tour Rizk" et la "Tour Abou-Hamad" étaient situées dans la partie orientale de la ville, la "Tour Murr" dans l'occidentale; tous les deux ont été sérieusement endommagées par les tirs réciproques.

[12] "Kabella" en arabe, de l'italien Capella = chapelle.

[13] Milice dirigée par Ibrahim Qolaylât, des Nasseriens Indépendants.

[14] Parti Socialiste Progressiste

[15] Parti Populaire Syrien, ou PSNS

[16] Bénédiction

[17] Ce sont des casernes construites par l'Armée Française entre 1920 et 1945, et ayant pour but de ceinturer la ville sur son flanc méridionnal; depuis cette date, l'expansion de la ville les a englouties dans la trame urbaine.

[18] Association de la défense des droits de l'Homme, Association des Industriels, des Commerçants etc.

[19] Souvent en relation avec des "ports parallèles", euphémisme pour désigner les ports appartenant aux milices et échappant ainsi au contrôle de l'État et des services de la Douane et de la Perception.

[20] Respectivement fiefs du clan Joumblatt et de Geagea.

[21] Le "Pacte de 1943" était un compromis oral agréé par les chefs politiques chrétiens et musulmans autour du partage du pouvoir à la veille de l'Indépendance du pays; il établissait le cadre du partage du pouvoir entre les différentes communautés.

[22] "Le chef", le commandant en chef d'une milice.

[23] Les loyautés étaient très souvent basées sur le territoire d'origine: des bataillons et régiments des Forces Libanaises, formés d'éléments du Nord du Liban, ont suivi Samir Geagea, parce que lui-même venait de Bcharré, village du Nord. D'autres ont suivi les membres de la famille Chamoun, car originaires du Chouf. L'animosité entre groupes "régionaux" a quelquefois dégénéré en conflit ouvert, chaque groupe tentant d'occuper le territoire de l'autre, là où cela était possible, c'est-à-dire en ville; l'occupation des régions d'origine était impossible pour les groupes adverses.

[24] Les "Tioûs" (= les têtus, les obstinés) tenaient le passage du Musée; les Syriaques constituaient le noyau dur de certaines brigades très proches du Quartier-Général des Forces Libanaises. Les Syriaques sont venus au Liban d'Irak, fuyant persécution politique et misère. Sans nationalité libanaise, ils se sont entassés dans des camps de fortune; alléchés par des promesses d'intégration et d'acquisition de la nationalité libanaise, ils se sont enrôlés dans la milice "chrétienne".

[25] Géographisme inventé par les média pour désigner l'ensemble des quartiers Chi`ites au Sud de la ville, s'étalant de part et d'autre de l'ancienne route de Saida et longeant les pistes de l'aéroport.

[26] Territoire Druze d'où les Chrétiens ont dû fuir à la suite de la débâcle de l'occupation de la région par les Forces Libanaises.

[27] Enclave chrétienne située au Nord de Saida; tenue puis perdue par les Forces Libanaises.

[28] Région à majorité chrétienne, d'où les sympathisants des Kataëb et des Forces Libanaises ont été contraints de partir à la suite de l'assassinat, par un commando des Forces Libanaises, du fils de l'ex-président Franjiyyé.

[29] Les brigades "chrétiennes" sous les ordres du Général Aoun étaient recrutées dans les villages du Nord-Liban, notemment Qobbayât, ou des régions rurales du centre du pays. Comme pour les milices, les recrues étaient de souche rurale.